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23 septembre 2018
interstellarts

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Réel.

« De ce qu’une chose est éphémère, ce n’est pas une raison pour qu’elle soit vanité. Tout est éphémère, mais l’éphémère est quelquefois divin » Ernest RenanDrames philosophiques.

Notre présent est hanté par une absence : celle du Réel. Mais, de quoi s’agit il ?

"Ou pourriez vous m'amener" ? Ouvre de Sophie Calle

Quand la question de l’Art prend l’autoroute. « Ou pourriez vous m’emmener » ? Oeuvre de Sophie Calle.

Pour définir le Réel, Il faut commencer par construire ses fondamentaux. Saisir le Réel aujourd’hui c’est entreprendre l’implacable travail sur soi et sur son esprit critique qu’exige la lucidité.

Jusque-là, l’individu s’était plus ou moins laissé porter par les usagers et les convictions de son temps : il obéissait aux premiers, il adoptait les secondes. Il ne s’interrogeait guère ni sur eux ni sur lui-même. Le sens de la vie, son but et ses moyens lui étaient donnés, enseignés. Il lui appartenait de s’y consacrer avec toutes les ressources de sa qualité et de son talent personnel.

Ainsi, il se trouve dénigré ou apprécié moins pour lui-même que pour l’appoint qu’il apporte à une mode ou à une doctrine. Ce ne doit pas être une de ses moindres amertumes que de rencontrer une incompréhension, au fond égale, en ses thuriféraires et en ses contendants.

Tout bien pesé, un individu qui est un spectateur critique révolté, est-il fatalement plus clairvoyant qu’un acteur conformiste lambda qui obéit à toutes les règles ou c’est plutôt l’inverse ? Le premier, il mise sur le conceptuel d’un passé rêvé, le second, il mise sur le présent donc sur le gagnant puisqu’il mise sur demain – et encore pas toujours. Mais, il n’est consigné nulle part ailleurs que le Réel n’est pas gagnant ou qu’il est inconciliable avec un avenir prometteur.

De fait, la paille est divisée en deux, il y a effectivement d’autres gens, d’autres acteurs qui continuent à voir de plus en plus de choses et que leur action entraine de plus en plus haut.

L’effet « Cocktail Party » :

Dans une soirée cocktail ou de nombreuses personnes parlent en même temps, il nous est parfaitement possible de « mettre en sourdine » les voix environnantes, pour se concentrer sur ce que dit notre interlocuteur. Cette simple expérience a été reproduite expérimentalement par un chercheur américain, Collin Cherry, en 1953. On fait écouter en même temps à une personne par les deux oreilles deux messages différents. On demande alors au sujet de répéter tour à tour chacun des messages. Or, la plupart des sujets arrivent parfaitement à sélectionner le message demandé, qu’il provienne de l’oreille gauche ou droite, en éliminant provisoirement l’autre.

– (Collin Cherry, « Some experiments on the recognition of speech, with one and with two ears », Journal of the Acoustical Society of Americ, 1953)

 

Ce processus de sélection des données est une activité permanente de notre cerveau. On appelle « constructive » cette approche contemporaine de la perception. Cela signifie que la perception est conçue comme un acte complexe où l’individu reconstruit son environnement et ne se contente pas de l’observer tel quel.

Construire, c’est émettre des hypothèses, appliquer des formes ou des schémas, analyser les informations, et pas seulement les découvrir.

Et c’est ainsi que se saisit le Réel, en repérant les dualismes, de la vie et de la mort dans l’univers, du beau et du laid autour de nous, du noir et du blanc dans l’arc-en-ciel, de l’ombre et de la lumière…etc.  Le tout en nuançant à travers un processus de complémentarité dans lequel la thèse et l’antithèse se fondent dans la synthèse.

26 juillet 2018
interstellarts

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Frontière entre Réel et Fiction.

Frontière entre Réel et Fiction.

ARKit-696x418 Can BuyukberberI.   Ouverture sur la Frontière
II.  Fiction
III. Réel

Au cours des dernières décennies se sont développées chez nous des contradictions absurdes à propos de l’encouragement de la vocation au partage, et à propos de ce qui révèle de l’intime en général. Dans le domaine de l’Art, comme en tant d’autres, la confusion a été la règle. Une chose est certaine, c’est que nous avons pris l’habitude, pour toutes les difficultés qui peuvent être causées par cette confusion, de faire une croix sur le secret et sur ce qui est officiellement privé. 

A travers cet article, on va tenter de plonger dans ce qu’il y a de plus profond dans le domaine de l’Art en sa relation avec le Réel et la Fiction.

Ouverture sur la Frontière.

Comment pourrais-je commencer cela sans évoquer l’exemple des émissions de Télé réalité ? Le monde a vu émerger des émissions dont l’orientation semble être moins dans le secret, moins fausse, davantage liée à la vie réelle. Une vraie compétition dans le faux, une fausse compétition pour être vrai, un peu des deux, voilà de quoi il s’agit. Concernant ce phénomène et contrairement à ce que disent beaucoup, le problème n’est pas le moyen de divertissement en tant que tel ni le risque de perdre ses repères pour les plus jeunes des téléspectateurs ou d’en avoir les mauvais. Le problème est de ne pas être conscient de tout cela. Ce réflexe qui manque chez beaucoup de gens aujourd’hui, celui de savoir remettre en cause tout ce qui leur semble réel. Aujourd’hui, à cause d’un certain genre des émissions de téléréalité, les filles et les garçons n’ont plus confiance en eux-mêmes. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’il s’agit plutôt de l’une des conséquences d’une certaine perception d’une « idée de réalité » devenue populaire, révélant d’un certain monde idéal. Un monde tellement irréel et faux que, n’était le mal qu’il cause parfois, on préférerait presque oublier qu’il existe. Quoi qu’il en soit, un tel jugement importe peu. Ce qu’il y a de plus nécessaire à mon avis est que cette perception soit continuellement enrichie. Cet enrichissement nécessite, dans mon esprit, un réajustement constant grâce aux fruits de nos connaissances et de nos propres expériences indépendamment de l’ampleur de toute conception caduque qui pourrait nous être présentée. En quelque sorte, c’est ce qu’on essaie tous de faire, presque tous, chacun à sa manière. Voici la mienne : Interstellarts.

Donc, serait-il sain d’en déduire qu’il faut être déconnecté de ce monde puisque tout cela est inutile et qu’il serait mieux si l’on revienne à de sages pratiques, aux normes souvent suggérées et pratiquées par les parents, le fameux « c’était mieux avant » ? En aucune façon. 

Au contraire, il n’y a rien de mieux que d’être connecté à tout ce qu’il y a de plus actuel dans nos sociétés, et ce n’est qu’en comprenant les tendances voire en étant bon disciple de celles ci qu’on pourrait anticiper les évolutions des choses. 

Dans cette ouverture, il n’est pas question d’analyser à fond, de discuter dans le détail ou de prendre au sérieux ce constat sur ce qui caractérise nos sociétés aujourd’hui.  Le but n’est pas de juger de l’utilité. Il faut tout simplement en retenir que dans la genèse d’une norme sociale, la progression en surface est inefficace, et qu’en outre, elle suscite l’absorption de façon certaine, que les changements importants s’opèrent toujours à un niveau plus profond de l’esprit humain et de la dynamique sociale, et dans tout ce qui nous entoure, une certaine occultation est nécessaire. Et la meilleure expression de celle ci réside bien dans l’Art. Ce qu’on a de plus intime est ce qui trace la frontière des deux mondes, le Réel et la Fiction.